FRONT POUR LA DEFENSE DE LA DEMOCRATIE ET DE LA SOUVERAINETE (FDDS)
Déclaration sur la situation nationale et internationale
Le 3 juillet 2022, la Conférence des Présidents du FDDS s’est réunie au siège de l’organisation à Abidjan, à l’effet d’examiner la situation nationale et internationale, afin de définir les tâches politiques stratégiques qui s’imposent aux peuples de Côte d’Ivoire.
Au plan national, la situation est principalement marquée par une inflation très préoccupante et que rien ne semble pouvoir arrêter, malgré les protestations des populations et la mobilisation des organisations de consommateurs. L’inflation touche notamment le cout des loyers d’habitation, les prix des denrées de premières nécessités, l’énergie et le transport.
Tous ces ingrédients réunis participent de l’aggravation de la misère qui sévissait déjà au sein des couches populaires du fait de la politique ultra libérale du pouvoir Ouattara ;
Nous ne manquerons pas de mentionner comme facteurs aggravants de la détresse citoyenne et de la morosité sociale, la multiplication des détournements des deniers publics ; une accalmie relative sur les fronts des luttes sociales et politiques du fait de la démission des partis d’opposition dits significatifs.
Face à ces fléaux qui minent notre société, le pouvoir Ouattara qui n’affiche aucune volonté réelle de trouver des correctifs, malgré quelques déclarations laconiques, semble en réalité être dans l’incapacité d’y apporter des solutions crédibles. Des mesures et autres décisions ont été édictées à grand renforts de publicités, mais le contenu du panier de la ménagère continue de désemplir ; les prix des produits vivriers connaissent une flambée du fait du l’augmentation du cout du transport, mais aussi du fait des guerres dans la sous-région et de l’embargo sur le Mali ; les ménages n’arrivent pas à se loger ; le transport connait une hausse du fait de la hausse du carburant et des nombreux péages sur les routes.
Concomitamment à cette tragédie sociale qui se joue sous nos yeux, la Côte d’Ivoire connaît une flambée d’un narcotrafic où, à la faveur des dernières interpellations de la Police, des hommes et femmes évoluant au sommet de l’Etat sont cités. Parallèlement l’on assiste à une accélération de l’accaparement des biens de l’Etat au profit des membres du clan au pouvoir. Ainsi, des forêts classées sont menacées de destruction au profit des multinationales dans l’hôtellerie ; l’exploitation clandestine de l’or se poursuit à grande vitesse et se répand dans presque toutes les régions.
Les détournements de deniers publics notamment dans les administrations publiques, dans les sociétés à participations financières majoritaires publiques, se multiplient sans une volonté réelle d’arrêter la spirale. Les mis en cause de ces vols sont débarqués et remplacés par leurs adjoints, notamment au Fonds d’Entretien Routier (FER).
En ce qui concerne la drogue, entre 2017 et 2018, 286 tonnes ont été saisies. En 2020, ce sont plus de 450 kg en provenance du Brésil qui ont été interceptés par les forces de l’ordre. En 2021, ce sont 1056 blocs de cocaïne pesant 1,56 tonne et estimés à plus de 25 milliards de FCFA, qui ont été saisies ; en 2022, ce sont encore 1,56 tonnes estimés à plus de 25 milliards de FCFA.
Cette affaire des saisies de drogue, démontre que le système néocolonial en vigueur en Côte d’Ivoire prend l’eau de toute part. Elle démontre que le pays est devenu la nouvelle plaque tournante des dealers de tout acabit du monde, un pays où des hommes d’affaires véreux, s’installent et exercent leurs activités jusqu’à un certain seuil sans que les renseignements généraux si prompts à détecter les coups d’Etat ne les démasquent. Elle est la preuve de l’incapacité des dirigeants actuels à garantir la sécurité du pays, favorisant la présence de personnes dangereuses sur le territoire, comme les djihadistes, qui se signalent par des attaques répétées dans le nord du pays. Elle renseigne aussi sur l’ampleur de la corruption qui gangrène le pays. Elle lève un coin de voile sur le degré de cupidité, de laxisme et la complaisance qui caractérisent les dirigeants politiques et administratifs de la Côte d’Ivoire. Pour le peuple, cette affaire invite à un regain de mobilisation contre la souillure, la corruption et tous les maux qui le maintiennent dans sa situation de précarité actuelle.
Face à cette situation sociale et sécuritaire préoccupante, l’on constate un arrêt total de la résistance populaire du fait de la démission des partis d’opposition dit significatifs qui continuent d’avoir une grande influence sur les masses populaires. La capitulation entamée en octobre 2020 de cette opposition s’est accentuée en mars 2021 par sa participation au dialogue national initié par le pouvoir Ouattara, afin d’obtenir sa participation aux élections législatives. Par sa dernière participation au dernier dialogue politique en mars 2022, en préparation des élections des conseillers communaux et régionaux, elle a atteint le niveau d’alerte maximum de la trahison. La tactique de Ouattara et de ses maitres impérialistes qui consiste à organiser des dialogues politiques à chaque tournant de la vie politique nationale, semble avoir atteint ses objectifs à savoir, la démobilisation des peuples en lutte, la reddition des partis d’opposition. Il ressort de tous ces simulacres de discussion, que le pouvoir Ouattara a les mains libres pour appliquer les décisions de ces dialogues politiques. En effet tous les participants à ces discussions sont d’accord pour ne faire que des recommandations non contraignantes à Ouattara qui peut en conséquence les mettre en œuvre selon son calendrier et sa volonté. En juin 2022, ce fut la cerise sur le gâteau. Tous, au nom de la ‘’paix’’, ont soutenu le candidat du RHDP et l’ont porté solennellement à la tête du 2ème pouvoir. Désormais les critiques ou les appels à la lutte contre le pouvoir Ouattara de la part de ces partis ne sont que du vent. Tous sont d’accord sur l’essentiel, à savoir la gestion du pouvoir néocolonial.
Comme nous le constatons, les attentes du peuple de Côte d’Ivoire demeurent. Il reste à nos organisations politiques et de la société civile de se mobiliser, pour la défense de la démocratie, des libertés et de la souveraineté nationale. C’est l’appel solennel que le FDDS lance aux patriotes ivoiriens. Les salariés doivent rejeter la trêve sociale en cours de négociation et renforcer leurs organisations syndicales pour la défense de leur existence, renforcer leurs organisations respectives pour la défense du monde paysan, le plus grand secteur économique du pays en terme d’emplois et en terme de contribution à la production de la richesse nationale ; la société civile en luttes doit continuer à mobiliser les ivoiriens pour la défense des libertés, de la démocratie, contre les vols, les abus de tout genre ; enfin, les patriotes doivent renforcer leurs organisations, se démarquer des petits arrangements pour la gestion du pouvoir néocolonial, se retrousser les manches pour la défense et la conquête de l’Etat de droit, de la république et de la souveraineté.
Au plan international, la situation est principalement marquée par la guerre en Ukraine et les attaques des djihadistes en Afrique.
La guerre en Ukraine a pour toile de fond le combat entre les grandes puissances économiques, politiques et militaires pour le contrôle du monde notamment le contrôle des ressources naturelles, des voies de transport, des points stratégiques etc. C’est un conflit entre deux camps : Le camp des USA et de l’Europe avec leur armée l’OTAN, veut maintenir sa domination unilatérale sur le monde ; il tente en conséquence de détruire toute velléité d’émancipation des autres nations ; il ne veut pas de nouvelles puissances pour le concurrencer ; il tente d’encercler la Russie, la puissance montante en Europe, l’affaiblir et la couper de la Chine leur principal concurrent au plan économique, technologique, scientifique et militaire. Cette guerre a des conséquences contraires aux prévisions des occidentaux. Au lieu d’affaiblir le Russie et la Chine, elle redistribue les cartes dans les rapports entre les puissances du monde. Le clan de l’OTAN a perdu de sa supériorité. Sa domination sur les peuples s’est étiolée. Le dollar a perdu face au rouble russe et au yuan chinois sur les marchés boursiers. L’Europe est menacée de manque de gaz. En Afrique, les peuples en grande majorité ne veulent pas soutenir l’Europe et les USA dans leur aventure et trouvent là, l’occasion rêvée de briser leurs chaines de domination coloniale et néocoloniale. Un front de tous les pays intermédiaires et des pays sous-développés se met progressivement en place pour un nouvel ordre mondial multipolaire, où il est possible de redéfinir les nouvelles bases des relations entre puissances et pays pauvres. A cet égard, à l’endroit des peuples d’Afrique, il est important de souligner que les puissances impérialistes n’ont que des intérêts ; elles n’ont pas d’amis. Aussi, doivent-ils ne compter principalement que sur leur mobilisation et leurs forces internes, pour gagner le combat de l’émancipation, dans un ordre multipolaire qu’ils appellent de tous leurs vœux.
Les attaques des djihadistes persistent notamment dans le sahel et menacent l’existence de nations constituées. Les USA et l’Europe, après avoir soutenu ces groupes criminels en Irak, en Syrie, en Lybie, au Mali, en Centrafrique, au Nigeria, au Niger, dans le but d’élargir leur champ de domination et d’exploitation des ressources naturelles dans ces régions, sont dans l’incapacité d’aider objectivement ces pays à faire face au péril.
Leur tactique actuelle depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine est de contrer la Russie en Afrique, en refusant de retirer leurs bases militaires qui occupent les pays.
Dans le sahel, le Mali est à la pointe du combat des peuples d’Afrique pour sortir de la France- Afrique. Dans ce combat, la France qui a échoué à se montrer comme un partenaire loyal efficace, se voit aujourd’hui dénoncée par le Peuple Malien qui dans sa volonté d’affirmer son libre droit à choisir ses partenaires, a passé des accords avec la Russie. Aussi la France mobilise -t-elle toutes ses forces politiques en Afrique notamment les pouvoirs pro France Afrique, dont celui de Côte d’Ivoire pour faire échouer la résistance malienne.
Nous observons en outre, que les sanctions prises dans l’aveuglément et la précipitation par le CEDEAO, contre le Mali, ont tellement été contre-productives pour les états riverains eux- mêmes, que l’Institution a profité du dernier sommet à Accra pour les annuler sans autre forme de procès, en prétextant des avancées significatives de l’attitude des dirigeants maliens.
Mais la manœuvre est loin de réussir. Les peuples maliens face à l’adversité de la France Afrique résiste merveilleusement en s’appuyant sur la mobilisation populaire. Les peuples de la sous-région soutiennent cette résistance. Nous appelons les peuples de Côte d’Ivoire à continuer à soutenir les peuples frères du Mali, du Burkina, du Niger, confrontés à ces guerres rétrogrades ethno-religieuses des djihadistes, soutenus par l’impérialisme français et les pays membres de l’OTAN. Nous les appelons à continuer à dénoncer les actes illégaux, impopulaires et criminels du pouvoir Ouattara dans ces crises.
Abidjan le 3 juillet 2022
Pour le FDDS
Le Président Ahizi Aka Daniel
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