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L’EVEIL DES TRAVAILLEURS SALARIES N°2 du 1er au 15 décembre 2021

EDITORIAL

Pour une MUGEF-CI au service des fonctionnaires.

Le mois de décembre 2021 s’annonce très important pour les fonctionnaires de Côte d’Ivoire qui iront aux urnes le 11 décembre prochain pour désigner les organes dirigeants de leur mutuelle qui joue en fait le rôle de sécurité sociale pour cette frange de la population. A l’observation, la campagne électorale pour choisir l’équipe dirigeante est à l’image des campagnes électorales des hauts bourgeois dans notre pays : Des fonctionnaires qui en général ne roulent pas carrosse engagent beaucoup d’argent (des dizaines de millions FCFA au moins), dans une campagne électorale. A y voir de près l’enjeu en vaut assurément la chandelle car et sans exagération, l’extravagance du standing social de tous les fonctionnaires ex PCA et ex Dg de cette mutuelle l’atteste. Des hauts bourgeois naissent et prospèrent à la tête de la mutuelle, tandis que les prestations fournies ‘’s’amenuisent’’ au fil du temps, au grand dam des adhérents. Ce numéro de l’ETS (Eveil des Travailleurs Salariés) consacré principalement à la MUGEF-CI va ouvrir le débat sur cette structure qui gère environ 33 milliards FCFA de cotisation des fonctionnaires selon le rapport du conseil d’administration de 2020.


LA REDACTION

Points des luttes des travailleurs salariés au cours du mois de novembre 2021 

Le mois de novembre 2021 a connu plusieurs mouvements de protestation des travailleurs salariés. Notamment les agents de la fonction publique, de la santé, des sapeurs-pompiers civils, des éducateurs, ont fait entendre leur voix face à la baisse de leur pouvoir d’achat conséquence de la flambée générale des prix des marchandises et des services. Certains travailleurs ont réclamé des primes complémentaires de leurs salaires quand d’autres ont exigé de meilleures conditions de travail. Pour le secteur des conseillers d’éducation, ce sont le favoritisme et la corruption qui sont mis en index par les travailleurs.

Nous disons bravo et adressons nos encouragements à tous ces travailleurs dans le combat pour un mieux- être social. Ils doivent persévérer dans cette voie avec plus d’engagement et de détermination pour espérer des victoires plus significatives face à un pouvoir empêtré dans la corruption, les vols de deniers publics, le favoritisme et qui ne « bouge » pour satisfaire les travailleurs que quand ceux-ci osent lutter. Ils doivent avoir à l’esprit que la victoire d’une organisation est dépendante en grande partie de la qualité et de l’engagement de sa direction. Oui ! Dégagez les directions traitresses et opportunistes. Au combat et toujours au combat, car, dans le combat de classe, comme le dit Karl Marx « les prolétaires n’ont rien à perde que leurs chaines. Ils ont un monde à gagner ».
Par krépin le Voltigeur

Quelle mutuelle pour les fonctionnaires de Côte d’Ivoire ? 

L’histoire de la MUGEF-CI

En 1965, au lendemain de l’indépendance, le décret n° 65-195 sur la rémunération et les avantages matériels divers alloués aux fonctionnaires de Côte d’Ivoire, stipule que ces derniers en activité ou à la retraite, ainsi que les membres de leurs familles, ont droit à la gratuité des consultations, soins médicaux et dentaires donnés dans les formations sanitaires publiques, ainsi qu’à la cession gratuite des médicaments.

Mais, face à l’incapacité de l’Etat d’assumer cette responsabilité, par le décret n° 73-176 du 27 Avril 1973, le gouvernement d’alors, mit en place la Mutuelle Générale des Fonctionnaires et Agents de l’Etat (MGFAE). La règle désormais est que, le fonctionnaire par un prélèvement obligatoire sur son salaire, participe à la couverture de ses soins de santé. La mutuelle prend en charge 70% des couts des prestations, le fonctionnaire 30%. La création de cette mutuelle apparait clairement comme est un grand recul des droits sociaux acquis de 1965, qui voulaient que 100% des soins médicaux et des prestations étaient à la charge de l’Etat. Bien que le financement de cette structure soit assuré par les cotisations des adhérents, sa gestion est faite directement par le ministère de la fonction publique qui nomme, entre autre, les gérants. Comme il fallait s’y attendre, la gestion de cette structure est émaillée de malversations en tout genre. Les dettes dues aux prestataires de services se sont accumulées lourdement. Aussi, ces partenaires ont-ils commencé à refuser de fournir les prestations. Le système s’est effondré en 1988-1989. Sur injonction du FMI et de la BM dans le cadre des PAS, l’Etat s’est désengagé totalement de cette structure et a confié sa gestion aux organisation syndicales. Ainsi, le 29 novembre 1989, la MUGFAE s’est muée en MUGEF-CI, une mutuelle financée par ses membres et gérée par ses membres. 

La gestion de la mutuelle aux mains des responsables syndicaux.

La gestion de 1989 à 2012 ne s’est guère améliorée par rapport à la période précédente. Les déficits persistants ont conduit à réduire le nombre de médicaments éligibles. Les grands malades ont été pratiquement exclus du système. Des plafonds ont été imposés aux familles. Le manque de confiance entre les prestataires de services et la mutuelle s’est accentué.  Les cotisations obligatoires ne servaient qu’à payer les dépenses de fonctionnement. Les prestations étaient délaissées. Le fonctionnaire n’avait donc pratiquement pas de couverture maladie. La structure était en quasi-faillite.

En 2012, le gouvernement Ouattara a décidé de suspendre le directoire de la mutuelle et a mis en place un comité de restructuration dont les travaux ont consisté principalement à remettre la mutuelle aux normes de l’UEMOA et à organiser de nouvelles élections pour placer de nouveaux dirigeants. Aucune sanction n’a été prise contre les criminels économiques. Depuis 2013, c’est le nouveau départ. Mais, avec un environnement politique embourbé dans la souillure, la MUGEFCI ne peut qu’être une caisse noire pour les hauts bourgeois au pouvoir. Les actes nouveaux majeurs ont consisté à créer de nouveaux produits pour contenter l’infime minorité de la couche supérieure des fonctionnaires, capables de payer 30 000 CFA en plus de la cotisation obligatoire de base de 7000 CFA. Ivoire santé et ivoire pharmacie à 20 000 CFA par mois permet d’avoir une assurance complémentaire. Avec ce produit, les prestations éligibles au régime de base sont prises en charge à 100%. La ‘’Carte intelligente’’ à 10 000 CFA par mois, permet de contourner la lenteur des prestations servies au mutualiste lambda.  Le résultat est que la majorité des mutualistes qui cotisent pour le régime de base, parce que incapables de payer 30 000 CFA en plus, ne bénéficient pratiquement pas de couverture maladie ; aussi se tournent-ils pour se soigner vers le marché noir, comme la grande masse des citoyens de ce pays. Les cliniques et les pharmacies agrées sont rares dans les sous-préfectures, ce qui en rajoute aux difficultés de la couche inférieure des fonctionnaires, dans leur prise en charge médicale. La venue de la CEMU n’a jusqu’à présent pas amélioré les choses. On peut affirmer que la majorité des mutualistes sont insatisfaits des prestations fournies par leur mutuelle.

Certes, les syndicats des fonctionnaires ont pris en main la gestion de leur mutuelle. Mais en réalité, le syndicat ne sert que de paravent dans les élections. Chaque candidat gère sa campagne sans mandat de son syndicat. Il cherche ses sponsors dans l’administration et les arcanes du pouvoir. Une fois élus, le PCA et le Dg ne rendent compte qu’au Conseil d’administration. La mutuelle gère d’importantes ressources financières collectées par des petits apporteurs de capitaux que sont les fonctionnaires. La gestion de cette manne colossale est le principal enjeu de cette mutuelle. En 2020, selon le rapport du conseil d’administration, le montant des cotisations s’élevait à 32,9 milliards FCFA. Cette manne financière collectée nécessitait l’implication de l’Etat pour un contrôle rigoureux de l’usage des fonds, émanant de petits apporteurs de capitaux que sont les fonctionnaires. Certes des structures comme un conseil d’administration, un commissariat aux comptes, des audits, une direction générale, comme dans la gestion de toute société privée, sont instituées. Mais comme savent bien le faire les ‘’voyous’’ dans le système capitaliste, les petits apporteurs de capitaux n’ont ni les moyens, ni la capacité de contrôler la gestion des mandants. La corruption aidant, les rapports des commissaires aux comptes et d’audits sont rangés dans les tiroirs. Chaque année c’est la satisfaction sur toute la ligne. Les gérants reçoivent les félicitations du gouvernement. Bref tout baigne dans l’huile. Mais est-ce l’avis des mutualistes ? 

Quelle MUGEF-CI au service des fonctionnaires de Côte d’Ivoire ?

La campagne électorale bat son plein. Les délégués au nombre de 300 à l’Assemblée générale ont été élus. Le 11 décembre la MUGEFCI aura un nouveau PCA et un nouveau DG. Que doit attendre le fonctionnaire de sa mutuelle est la question posée. Il doit exiger principalement :

  • Une gestion rigoureuse des fonds, qui implique une revue profonde des charges de fonctionnement en vue de les faire baisser,
  • La fin des malversations. Pour ce faire, obligation doit être faite à tous les dirigeants de déclarer leur patrimoine avant leur prise de fonction.
  • L’interdiction aux dirigeants et à leur famille, à tous les commissaires aux comptes et aux auditeurs, de faire des affaires avec la mutuelle ;
  • La diffusion obligatoire des résultats des audits et du commissariat aux comptes auprès de tous les mutualistes.
  • Un audit pour décider d’augmenter les prises en charge des prestations de base (médicaments, actes médicaux). Un audit, pour élargir la liste des prestataires (pharmacies, cliniques privées) en particulier dans les sous-préfectures.
  • Une enquête de satisfaction des mutualistes pour décider des réformes à entreprendre.

Le mot d’ordre doit être la MUGEF-CI au service exclusif des fonctionnaires. Les candidats font leur campagne, à chaque fonctionnaire de prendre ses responsabilités pour exiger que cette structure vive pour subvenir au bien-être individuel et collectif.  Par Krépin le Voltigeur

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